Transhumance – El arreo (épisode 1)

 

L’étoile jaune c’est la maison de Georges et Nicole, et il y a, en fait, deux estancias.

La première, celle où nous résidons, c’est El Halcon, 3 km plus à l’ouest en suivant la rivière.

 

 

La seconde, c’est Cochico, encore plus à l’ouest (1 h 30 à cheval, soit environ une dizaine de bornes), à l’abandon, mais avec une maison centenaire et un authentique cachet qui nous plait beaucoup.

 

 

La transhumance se fait en deux temps, d’abord les gauchos se réunissent à Cochico la veille du départ, ils sont normalement une dizaine.

Raul, chef gaucho à la classe folle, Raul, le fils de Raul et ouais, Walter le deuxième fils de Raul, 12 ans seulement, qui, malgré un bras handicapé, est très vif et excellent cavalier, Mario le Mapuche qui vit en ermite à Cochico et qui fait un pain extraordinaire, Felix, le plus patient envers moi et mon espagnol encore hésitant et Oswaldo qui semble être le meilleur cavalier et aussi très doué au lasso. Les noms des trois qui manquaient à l’appel ce matin me sont inconnus.

 

 

Ensuite, nous monterons le bétail (900 têtes) à la première lagune que l’on peut distinguer sur la vue satellite. Après comptage, elles passeront l’été dans les hauteurs de la Cordillère.

Ce matin, eux se sont levés à 5 h mais capitaine Ninnin a des consignes très strictes en matière de réveil : l’alarme étant strictement interdite avant 6 h ; Nous sommes donc apparus une heure après eux.

Nous avons eu droit à une vue magnifique sur le lever de soleil et les gauchos rassemblant les veaux, vaches et taureaux éparpillés dans la pampa ; il y a pire comme réveil !

 

 

Une fois tout ce petit monde en rang deux par deux, il faut les faire avancer, ce que font parfaitement ces cavaliers en décrivant des arcs de cercle au cul du troupeau. Le souci quand il te manque trois gars et que tu as 900 bovins qui se déplacent, c’est qu’il y a des trous…

Le grand jeu des ces branleurs de veaux est justement de s’engouffrer dans ces espaces à fond les ballons et de rendre maman folle d’inquiétude, donc maman accoure et papa qui était sur le point de mettre une cartouche à maman, ben ça l’agace et, par conséquent, il suit aussi ! Du coup les copines, voyant ça, se disent qu’ils ont besoin d’un coup de sabot…

Voilà… Quand il y a 897 copines et trois trous, et bien on fait 500 m et on rentre.

 

 

Raul, le gaucho en chef (sur la photo noir et blanc), est donc retourné à Las Lajas chercher 3 nouveaux compañeros et on recommence demain !

L’après midi, notre une sieste par terre au milieu des chevaux a été interrompue par des cris de joie.

 

 

Pour se détendre, nos caballeros s’entrainent au lasso dans le manège. Très impressionnant ; ils font tourner les vaches et dès que l’une d’entre elles se sépare du groupe, bim ! ils balancent les cordes qu’ils faisaient tournoyer (dans le sens inverse de ce que j’imaginais) au dessus de leur chapeau ou, pour certains, de leur béret (héritage de l’importante immigration basque aux XIXe et XXe siècles). Quand ils réussissent à chopper les pattes de la pauvre bête aux abois, ils se font trainer sur cinq mètres, comme des surfeurs sur leur vague, et ça les fait beaucoup rire.

 

 

 

 

 

 

Après avoir joué les cowboys au lasso, nous sommes revenus planter la tente et avons bu le traditionnel maté avec nos compañeros.

 

 

Puis, pendant que quelques uns allaient jeter un coup d’œil au troupeau, les autres se lançaient dans la préparation d’une estoufada : une grande cocotte, un peu d’eau, un peu d’huile, une couche de viande, une couche d’oignons, une couche de patates, le tout soigneusement découpé par nos soins.

 

 

 

 

 

Très bon bien qu’un peu gras, sans doute à cause de leur façon de découper la viande sans séparer les morceaux comme nous le faisons en France. Ils ont un peu souri en voyant nos couteaux, eux qui se trimballent tous avec des espèces de lames de boucher, proches du rasoir, engainées dans de magnifiques fourreaux en cuir qu’ils coincent entre leur ceinture et leur reins (même à cheval 😳).

 

 

 

Après ça, une bonne nuit de sommeil avant le prochain essai…

3 thoughts on “Transhumance – El arreo (épisode 1)

  1. Les bérets sont basques, d’accord, mais la superbe cuisinière Istillart est également d’origine basquaise. Juste une question : où sont passées les trois vaches manquantes au terme de la première journée ? Parties à 900 têtes, il ne reste plus que 897 copines le soir … Débitées pour l’estoufada ?

  2. Une raie, deux reins ; donc “leurs”.
    Dommage que tu n’aies pas fait une petite vidéo du rodéo, les photos donnent envie d’en savoir plus sur leur façon de manier le lasso.

  3. JB, comme chacun sait, 3 taureaux peuvent parfaitement honorer 299 vaches chacun. Je parle en connaissance de cause 😉
    D’autant que dans le lot il y a les veaux qui sont hors concours…

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