Transhumance – El arreo (Prologue)

Nous sommes arrivés dans l’estancia « El Hacon » en Argentine, non loin de la frontière, à environ 500 bornes vers le nord du Lac Rupanco . Le pueblo le plus proche est Las Lajas, je vous laisse regarder sur google map si le cœur vous en dit 😉

C’est immense, la propriété fait 30 000 hectares (300 km2, soit 3 fois Paris…) ; c’est incroyable !

Après avoir traversé la Cordillère, le temps est passé de humide et couvert à sec et grand bleu et , le paysage, lui, nous a fait quitter la forêt dense et humide pour un désert aride à perte de vue. La route était d’une beauté époustouflante, nous sommes tous deux d’accord pour affirmer que, jusqu’à présent, c’est notre plus belle journée de ride, tous voyages confondus !
Nous avons longé une rivière pendant deux jours, en alternant routes et pistes. Les décors traversés étaient tantôt verdoyants et creusés comme le Grand Canyon, tantôt bordés d’immenses dunes de sable jonchées d’araucarias, arbre totem des Mapuches (qui s’y frotte s’y pique !), tantôt accotés à de sublimes lacs au pied de montagnes coiffées de neiges éternelles malgré la chaleur, bref le pied total à moto.

 

Après avoir quitté la route, il faut crapahuter sur un sol très rocailleux pendant une bonne vingtaine de minutes pour finalement arriver devant le portail de l’estancia pourvu d’un interphone et d’une caméra !
Là, nous avons donc sonné et nous sommes annoncés comme les « volontarios ». Un déclic a retenti et il ne restait plus qu’à pousser la porte et continuer la piste sur 500 m pour découvrir, au milieu du désert, une sublime demeure en brique, type maison d’architecte, toute carrée avec des lignes épurées, entourée d’un gazon à l’anglaise aussi bien entretenu qu’un golf, avec une vue plongeante sur le canyon où coule une magnifique rivière serpentant entre les falaises abruptes.

Nous sommes donc arrivés chez Georges et Nicole, un couple de septuagénaires, propriétaires de cette fameuse estancia qui compte 920 vaches, 39 chevaux, 4 péons, 1 capataz, quelques pumas, des scorpions, des serpents, des perroquets, des floppées de moustiques voraces, des truites à foison, un putois, le tout évoluant dans un décor digne des plus beaux westerns…Nous logeons dans une petite maison toute équipée à 3 km de chez eux.

Les deux derniers jours se sont passés au son de la voix de Georges nous racontant les histoires, toutes plus incroyables les unes que les autres, qui ont fait sa vie, tout en visitant l’immense terrain dans un 4×4 cahotant sur les pistes poussiéreuses. Notre rôle semble être de sociabiliser les chevaux et de les garder au contact de l’homme pour qu’ils ne redeviennent pas sauvages. Élise s’est mise à astiquer toutes les selles cet après-midi, sorte de rituel et prélude au moment où nous allons enfin monter à cheval.

Nous avons déjà rencontré quelques-uns des équidés et même moi, qui n’y connait pas grand chose, je suis tombé sous le charme de cette beauté pleine de diversité tant dans les caractères que dans les allures et les couleurs de robe.

2 thoughts on “Transhumance – El arreo (Prologue)

  1. Photos inédites et suspense pour la suite de la transhumance … pour le moment, tant qu’il ne s’agit que de s’extasier devant la beauté des caballos tout a l’air d’aller au galop…

  2. Sympas les photos (bon, le texte aussi…), elles permettent de mieux visualiser ce que les mots racontent. les paysages sont grandioses et mon horizon proche, qui se rétréci de plus en plus, me semble bien mesquin à côté.

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