Carnaval !

Du 8 au 23 février 2018, Carnaval à Humahuaca, Argentina

Je suis réveillé tôt. Je pars faire un petit tour dans le village. Je traine un peu et prends quelques photos pour m’imprégner du rythme et des parfums du village. Le carnaval commence demain et la grand-place, où trône une immense statue en haut des escaliers, s’habille petit à petit de guirlandes et autres parures en tout genre.

 

 

 

 

De retour à l’hostel, je constate avec plaisir que Lucila, ma complice photographe, a préparé le petit déjeuner pour l’ensemble des résidents. Elle s’en occupe durant son séjour en échange du gite. La panse remplie, nous partons pour une balade en haut des collines qui bordent la ville. Le soleil cogne et la montée est abrupte mais, à l’arrivée, la vue est sublime.

 

 

Au loin, la ville est en effervescence, tout le monde se prépare pour le carnaval : costumes, boissons, farine, mousse, tous n’attendent que de lâcher le diable. Car en vérité, c’est de cela qu’il s’agit. Lâcher le diable qui sommeille et être fou pendant deux semaines. Tout se permettre. Après une petite cigarette de récup’, nous redescendons doucement vers le village. Je continue à me balader un peu.

 

 

 

 

 

La grand-place avec l’immense escalier est encore vide ; la scène en bas est en cours de montage. Des étalages pour touristes, aux couleurs plus saturées les unes que les autres, surgissent le long des rues et dans chaque recoin.

 

 

Les diables, chargés de fûts de bières, jouent des épaules dans les rues en terre accidentées du village. Les piles de bombes de mousse s’amoncellent autour des stands et les gosses entament déjà les hostilités en testant celles tombées du camion. Les énormes sacs de confettis sont trimballés  à travers ce dédale. C’est comme une énorme insufflation avant le vent de l’abandon. Je retourne à l’hostel.

Un groupe de filles est arrivé de San Salvador de Jujuy. Toutes prêtes à se lancer sans retenue dans les festivités. Bombe de couleur pour cheveux, liquide fluo, déguisement et alcool à volonté, elles sont parées. J’entre dans le jeu malgré l’hésitation de Lucilla qui connait déjà l’histoire et qui me met en garde sur le déroulement de la fête. Je lui force un peu la main prétextant la nécessité d’un guide culturel à travers les festivités. Elle ne se fait pas trop prier. Les potes de Pipo se joignent à nous, la préparation se fait à grand renfort de Fernet, de bière et de vin. Finalement, en fin d’après midi, nous sommes prêts à nous lancer dans l’antre du diable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À peine sortis de l’hostel, nous sommes assaillis par la farine et la mousse qui fusent de tous côtés. Nous nous dirigeons vers l’immense escalier de la place centrale. Le jeu consiste à faire des allers-retours de haut en bas. Les gens sont déchainés, les gosses courent dans tous les sens, la musique bat son plein, les sourires s’offrent à nous comme la farine et la mousse, les costumes sont délirants, on se croirait à un match de catch dans lequel chacun serait à la fois spectateur et combattant et où l’arbitre aurait déclaré forfait… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je rends les armes au milieu de la nuit épuisé de rire, d’alcool et de musique…

Réveil difficile, la musique ne s’est pas arrêtée et ne s’arrêtera pas, jour et nuit, pendant deux semaines. Je décide de tenter un arrangement avec Pipo. Je lui nivelle le fond du jardin, qui jouit d’une relative tranquillité, pour qu’il puisse accueillir plus de tentes et il me laisse y planter la mienne gratuitement pour le temps que je passerai ici. Ça passe…

Avant :

 

 

 

Après :

 

 

Durant la semaine, des amies de Lu viennent lui rendre visite. Milena et Laura. Milena est chanteuse et joue du ukulélé et Laura l’accompagne aux percussions. Sublime voix. Nous décidons avec Lu de faire un petit clip pour elles.

 

 

 

 

 

Je ne sors plus de l’hostel que pour faire des courses à l’épicerie située à 50 mètres et le chemin est toujours périlleux. Les risques de revenir enfariné et couvert de mousse sont omniprésents. Surtout lorsque l’on sort tout propre. Les voitures garées là sont les témoins du désastre.

 

 

Les mômes sont à l’affût, constamment en embuscade derrière un muret ou une voiture. C’est rigolo les premiers jours, ça commence à saouler à la troisième lessive… 

Lors d’une de nos escapades nocturnes, Lu m’emmène dans un bar de motards dont le propriétaire me dit avoir vu passer ma moto. Je lui présente donc le pilote et il me fait visiter les lieux. Une petite BMW R80 qu’il a retapée trône au milieu du jardin. Je remarque aussi beaucoup de sculptures en métal, œuvres de l’un de l’un de ses ami, Salomon Turco, motard lui aussi. Dans le style un peu “métal”, il a du talent. 

 

 

 

 

 

 

Les jours de pluie n’entament pas les festivités même si cela rend les choses beaucoup plus compliquées. Ces villes désertiques ne sont absolument pas prévues pour faire face à tant de flotte… Traverser la rue est une aventure… 

 

 

Petites excursions dans les alentours pour aller voir le Cerro 14 colores. Une merveille de la nature. Plusieurs heures à photographier ce chef-d’œuvre et à le contempler bouche bée. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce petit bijou ponctuera mon séjour à Humahuaca. Il est temps pour moi de redescendre doucement vers le sud à Santiago pour aller prendre un avion qui ne me fait pas du tout envie…

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